Forinvest Business Angels : les forestiers investissent dans l’aval

Olivier Bertrand, Christian Bouthillon et Nicolas Mathy (chargé de développement de Forinvest)

Olivier Bertrand, Christian Bouthillon et Nicolas Mathy (chargé de développement de Forinvest)

En 2010, la fédération des forestiers privés a lancé le fonds d’investissement Forinvest Business Angels. Le but est de développer l’industrie du bois pour pérenniser la ressource forestière française. Ce fonds met ainsi en relation des forestiers investisseurs avec des porteurs de projets innovants de la filière bois. C’est donc une logique d’intégration entre l’amont et l’aval : « Les forestiers s’inquiètent de la déliquescence de l’industrie. Il fallait réagir et aider ces entreprises », explique Christian Bouthillon, délégué Forinvest. « Les forestiers veulent sortir du bois pour être des forestiers actifs. La forêt limousine est la seconde filière économique du Limousin. Détenir une matière première est un facteur de développement si on sait la gérer et la transformer sur place », ajoute Olivier Bertrand, président du syndicat des forestiers privés du Limousin.

Il définit Forinvest comme « la rencontre entre deux mondes : celui des exploitants forestiers et des industriels. On s’aperçoit que le bois n’est pas seulement une ressource intéressante pour les scieries mais aussi la chimie verte, les cosmétiques, la pharmacologie, la mycosylviculture… Cette matière génère des innovations très surprenantes ».

Forinvest : deux projets en Limousin

Les forestiers membres de Forinvest ont décidé d’investir dans deux projets limousins. Le premier concerne l’atelier LBAF à Saint-Germain-les- Belles. Depuis le mois d’avril, cette unité produit des carrelets et des panneaux en bois feuillus lamellé collé abouté. 28 membres de Forinvest ont investi 250 000 euros dans cette usine, sachant que le Conseil Régional double la mise en mobilisant le fonds Dynalim.

La seconde entreprise soutenue est la start-up Pe@rl pour sa dernière innovation « Biosorb ». Elle utilise des écorces de résineux pour filtrer les métaux lourds des eaux polluées. Les bois rouges (douglas et pins) semblent les plus efficaces et les besoins sont estimés à 600 000 m3 d’ici trois ans. Ce système est actuellement utilisé pour dépolluer l’un des 26 sites uranifères laissés par Areva dans la région. Forinvest a investi 450 000 euros, le Conseil Régional du Limousin a rajouté 300 000 euros et un autre réseau de Business Angel 100 000 euros. « On peut parler de partenariat public-privé, d’autant plus que le fonds stratégique forestier national a accompagné Forinvest et que les ingénieurs de Pe@rl ont été formés par l’établissement public du CNRS », souligne Olivier Bertrand.

16 projets financés en France
Depuis 2010, les 160 membres de Forinvest ont soutenu 16 entreprises françaises pour un montant de 4 millions d’euros. Plus de 200 projets sont examinés chaque année. Une fois validés, ils sont suivis de près par deux membres du comité de sélection. « On est toujours à la recherche de nouveaux dossiers, nos membres sont prêts à investir », annonce Christian Bouthillon. D’autant plus qu’ils bénéficient d’une défiscalisation du montant de leur investissement…

Forêt : la menace s’appelle Bambi

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En Haute-Vienne comme partout en France, les dégâts des cervidés sur la forêt sont de plus en plus problématiques. Une réunion avait lieu le 21 novembre en Haute-Vienne, pour préparer le prochain schéma départemental de gestion cynégétique.

C’est une machine infernale, engendrée par l’homme et qui détruit tout sur son passage. Une créature de 200 kg sans aucun prédateur, qui hurle à la nuit et détient une puissance de reproduction phénoménale. Surgissant sur les routes au détour d’un virage, il créé de multiples accidents, quand il ne contamine pas le bétail. Je parle bien entendu de… Bambi ! Cerfs, chevreuil, daims… Les populations de grands ongulés ont été multipliées par dix en trente ans. Les raisons sont diverses : mauvaise gestion des populations, déprise agricole, modification des pratiques agricoles, disparition des prédateurs… « Le cerf n’est pas l’ennemi s’il est contenu. C’est un bel animal qui a débarqué trop vite dans nos forêts. Aujourd’hui, on va tenter de dépassionner le sujet et trouver des solutions… », introduisait Michel Defaye, technicien du CRPF du Limousin.

Préparant le nouveau schéma de gestion cynégétique de la Haute-Vienne, cette journée « le cerf : ami ou ennemi ? » était organisée à Ladignac-le-Long (87) par le Groupement de développement forestier (GDF) Monts et Barrages, en présence du GDF Sud-Ouest de la Haute-Vienne. Ces deux zones sont particulièrement touchées depuis la réintroduction du cerf en Dordogne dans les années 1990.

Le cerf : sujet de tension entre chasseurs et forestiers

Les chasseurs indemnisent les dégâts si les plans de chasse n’ont pas été réalisés. Pour cela, le forestier doit fournir une déclaration de sinistre et ne toucher aucun revenu de la chasse. Inévitablement cela crée des tensions. La fédération de chasse n’a pas répondu à l’invitation du GDF, mais leurs oreilles ont dû siffler… Il y a quinze ans, on ne distribuait presque pas de bracelets de chasse pour les cerfs en Limousin. Aujourd’hui, malgré les 1500 attributions, les populations explosent toujours. « La chasse au cerf n’est pas une tradition en Limousin. Les chasseurs commencent toujours la saison par la chasse aux sangliers, puis en janvier ils tuent éventuellement quelques chevreuils », constatait un forestier. A leur décharge, les chasseurs sont de moins en moins nombreux, et de plus en plus âgés… Pour encourager les plus jeunes, la fédération de Haute-Vienne offre le permis de chasse.

« Ce n’est qu’un aspect du problème, il faut sortir de ce conflit par l’argument économique. Le bois est une ressource économique naturelle du Limousin qu’on laisse se dégrader. Ce sont des choix politiques », avançait un forestier. Claude Hémard, exploitant forestier à Bussière-Galant, a apporté un exemple concret avec la filière du feuillard : « La qualité de l’écorce est importante pour faire des feuillards. Cette activité traditionnelle perdure en Limousin et représente une certaine activité économique. La demande existe toujours, et certains jeunes veulent se former. Mais pour cela, il faut du bois non brouté ».

Fixant comme priorité l’équilibre sylvo-cynégétique, la loi d’avenir prévoit une commission paritaire entre les forestiers et les chasseurs. « Il faudra s’entendre sur la nature des prélèvements pour que ce soit efficace. A certains endroits, il est nécessaire de prélever la moitié des femelles, le temps de réguler les populations », conseillait M. Dubois, directeur du CRPF.

Comment évaluer les dégâts des cervidés ?

Les dégâts des cervidés sont difficiles à constater, mais pourtant bien réels : « Une étude comparative a été réalisée sur deux îles du nord-ouest des Etats-Unis. Sur l’île où le cerf a été introduit, on a observé une diminution de la variété de la flore, et un développement de l’herbe. Le cerf fragilise l’écosystème forestier, bloque la régénération naturelle en transformant les jeunes arbres en bonzaï, mange les écorces, broute les branche… Sur le coup, les dégâts ne sont peut-être pas spectaculaires, mais il y a des conséquences sur le long terme. Claude Hémard m’avouait récemment qu’il baissait les bras, et se résignait à perdre 30% de la valeur de ses bois », confiait Michel Defaye.

Pour évaluer l’impact des cervidés, on peut grillager une zone de 40 m2 et comparer avec le reste de la forêt. « S’il y a un grand différentiel de dégâts, il faut accentuer la pression sur les cervidés. Le but est de maintenir à peu près le même état sur les deux espaces. Évidemment, cela coûte environ 9 euros le mètre… », admet Michel Defaye. Autres mesures préventives : une sylviculture adaptée en conservant des milieux plus fermés et la protection des jeunes plants.

Bois d’oeuvre vs bois-énergie : ça chauffe en Limousin !

Actuellement, le marché du bois est en tension. La demande est très forte en Europe, et les règlementations environnementales imposent d’arrêter les chantiers forestiers quand les conditions climatiques ne sont pas bonnes. De plus, les nouveaux acteurs du bois-énergie nous concurrencent directement, ils considèrent la forêt comme un minerai ! Les capacités de nos massifs forestiers n’ont pas été évaluées objectivement. Il y a une sur-densité de centrales thermiques en France. Pour les alimenter, le bois est importé du monde entier, avec les pollutions que cela engendre… En plus, ces sociétés ne sont même pas créatrices d’emploi. Par exemple, la future centrale biomasse Commentry dans l’Allier consommera autant de bois que notre usine, mais en employant dix fois moins de salariés.

a déclaré hier Stanilas Stachura, directeur des achats d’Isoroy à Ussel, lors d’une visite de presse de l’usine. L’entreprise Isoroy produit 130 000 m3 de panneaux en bois par an, dont la moitié sont certifiés PEFC. Elle traite 200 000 tonnes de bois par an (moitié résineux, moitié feuillus), récoltés dans un rayon de 100 km.

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Heureux comme un cèdre en Creuse

Dernier article sur la journée « changement climatique et gestion forestière du Cetef » du 27 septembre en Creuse. Dans l’après-midi, une cinquantaine de personnes ont visité une parcelle expérimentale de cèdres.

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Le propriétaire M. Tétaz-Monthoux et Jean-Marie Righi présentaient l’expérience sur les cèdres du Cetef

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douglas Luzette

Nous sommes entre Montboucher et Masbaraud-Mérignat. Dans un vallon à roches métamorphiques à 530 mètres d’altitude, 5000 cèdres de l’Atlas ont été plantés (1) ainsi que 650 douglas luzette et Californie. Les plantations ont eu lieu en 2009 sur 1,5 ha dans le cadre d’une expérience du Cetef, du CRPF et de l’IDF : « On teste des essences résineuses réputées pour leur résistance à la sécheresse. On veut savoir si elles sont adaptables à notre terroir », explique Jean-Marie Righi, ingénieur du CRPF. L’expérience est déclinée de la même façon sur 8 sites en Limousin présentant des sols et des altitudes variées. Pour financer l’opération, le Cetef a sollicité la Fondation de France et un reliquat de financement post tempête de 1999.

A Montboucher, les plantations ont été installées sur une coupe rase d’une forêt de châtaigniers, de hêtres et de chênes. Les souches ont été rabattues et les tas de rémanents ont été brûlés. Les semis d’un an mesuraient 10 à 15 cm en moyenne, produits en godet. « Le coût est de 40 à 50 centimes par plant et les arbres ont été plantés à une densité de 1100 plants à l’ha. A terme, l’objectif est de produire 200 à 300 tiges par ha, sachant que les premières éclaircies se feront dans 25 ans. On a aussi ajouté des protections contre les blaireaux et les chevreuils enlevées à quatre ans. Il faut compter 1,77 euros pour protéger les douglas, et 3,77 euros pour les cèdres », a calculé Jean-Marie Righi.

10 degrés en moyenne et quelques incidents

Évidemment, la Creuse n’est pas l’Atlas… La température moyenne sur la parcelle est de 10,1 degré. S’il tombe 1226 mm d’eau par an, l’évapo-transpiration est tout de même de 750 mm. Le bilan est même négatif en juillet-août avec une perte de 110 mm d’eau. Rajoutez à cela le gel 88 jours par an, dont 7 en avril et 3 en octobre… Autant dire que rien n’est épargné aux cèdres !

« Le cèdre supporte des températures extrêmes mais il est plus résistant aux sécheresses extrêmes. Au cours de l’hiver 2012, les températures sont descendues jusqu’à moins vingt degrés pendant 3 semaines. Les cèdres de cette parcelle sont devenus entièrement rouges mais ils ont fait leurs bourgeons au printemps », s’est émerveillé Jean-Marie Righi.

Supériorité du douglas luzette

Au bout de 6 ans d’expérience, le bilan est déjà parlant. Sur les 8 essais, le cèdre mesure entre 1,60 et 1,80 m, le douglas californien 2 m et le luzette 2,2 m.

Parmi les petits incidents relevés sur la parcelle de Montboucher, une dizaine de douglas ont rougi : « On appelle ça le rouge physiologique du douglas. Beaucoup en ont souffert cette année à cause des chaudes journées au printemps. Le douglas évapo-transpire mais le sol étant gelé, il ne trouve pas d’eau pour compenser. La solution est de laisser une végétation d’accompagnement pour ombrager les jeunes plants », conseille Jean-Marie Righi.

Certains cèdres de trois ou quatre ans ont été atteints par le carpophore des sapins précédents (champignon). Pour lutter contre ce phénomène, on peut traiter les souches restantes au Rotstop (lutte biologique) ou réaliser un vide sanitaire de deux ou trois ans. Le cèdre a été aussi appétant pour les chevreuils. Sans protection, les dégâts auraient été dramatiques. Certains cèdres ont aussi manqué d’oligo-éléments (carence en bore) et d’autres se sont couchés : contraints par les protections, les arbres ont poussé en hauteur sans développer suffisamment de racines.

Quels débouchés économique pour le cèdre ?

Reste à trouver des débouchés pour ces arbres, en espérant que le prix du cèdre suivra au moins les cours du douglas… Également imputrescible, le cèdre convient parfaitement pour l’ameublement mais présente une petite faiblesse en charpente. Comme il produit beaucoup de branches, on peut densifier les plantations et élaguer au fur et à mesure.

(1) issus de la même provenance et achetés à la pépinière de Peyrat-le-Château.

Reinfforce : des arboretums anticipent le réchauffement climatique en forêt

Suite du compte-rendu de la journée « changement climatique et gestion forestière » du Cetef le 27 septembre à Bourganeuf… En matinée, Eric Paillassa (institut pour le développement forestier) a présenté le programme européen Reinfforce : depuis 2009, il regroupe 38 arboretums sur la façade atlantique européenne, du Portugal au Royaume-Unis. Onze instituts de recherche sont associés. L’objectif est d’anticiper l’impact du réchauffement climatique sur les essences forestières et de proposer de nouvelles techniques (41 sites de démonstrations mettent au point des sylvicultures plus adaptées au réchauffement climatique). Quatre millions d’euros ont été dépensés entre 2009 et 2013 dans ce partage des connaissances. En France, neuf sites ont été retenus, notamment à Excideuil en Dordogne.

2000 plants sur chaque station expérimentale

Sur chaque site, on trouve les mêmes 38 essences, achetées chez les mêmes pépiniéristes. Hêtres, châtaigniers, sycomore, pins, chênes, douglas, cèdres, eucalyptus… Pour chaque essence, neuf provenances ont été sélectionnées. « On a 127 unités génétiques et 2000 plants sur chaque site. Chaque station présente de très bons sols pour neutraliser ce critère », explique Eric Paillassa. Les techniciens analysent la survie, la croissance, la forme des arbres, leur santé, leur phénologie… « On évalue plus finement les comportements des essences en fonction de leur provenance et des site. Ensuite, on déterminera l’intérêt de ces essences pour la production forestière future. Par exemple, on veut savoir si la substitution des essences est une réelle marge de manœuvre. Face au changement climatique, les forestiers vont d’abord adapter leur sylviculture, puis changer la provenance de leur essence et enfin changer d’essence », projette-t-il.

Des études complémentaires sont menées sur le dépérissement du chêne, le stress hydrique du douglas et la gestion adaptative (différentes conduites forestières sont menées selon des hypothèses de réchauffements climatiques plus ou moins rapides). A suivre !

En 2040, la Creuse aura le climat de la Méditerranée (mais sans la mer, c’est nul…)

La Creuse s'oriente vers un climat méditerranéen d'ici 2040

La Creuse s’oriente vers un climat méditerranéen d’ici 2040

Le Cetef organisait le 27 juin à Bourganeuf une journée sur le changement climatique et la gestion forestière. En introduction, on a pu entendre les projections climatiques de Vincent Cailliez, climatologue de la chambre d’agriculture 23. Il a d’abord rappelé les grands enseignements du Giec sur le réchauffement climatique. Ensuite, il a indiqué qu’en Limousin la différence de normales trentenaires de température atteint 0,9°C. Cependant, la vitesse réelle de l’évolution est de 4,6°C par siècle (avec une marge d’erreur de 0,8°C). « C’est un chiffre que je déteste communiquer. Ça ne me plait pas que mes enfants grandissent dans un tel monde mais c’est une réalité à laquelle nous devons nous préparer. La notion de normale trentenaire est dépassée depuis les années 1970. Il vaut mieux parler d’espérance climatique ».

Et la situation ne risque pas de s’arranger puisque le système climatique présente une grande inertie : « « Le carbone d’origine humaine présent dans l’atmosphère n’a exprimé pour l’instant qu’environ 15% de son potentiel de réchauffement. Si on n’émettait plus de CO2 à partir d’aujourd’hui, quatre siècles et demi pour parvenir à l’équilibre thermique », explique Vincent Cailliez.

Impact du réchauffement climatique sur l’agriculture

La chambre d’agriculture de la Creuse a réalisé une étude sur l’adaptation des pratiques culturales au changement climatique (2012-2014). Les résultats de 19 stations et 34 stations pluviométriques ont été utilisés. Si les projections suivent globalement la tendance nationale, il y a tout de même des spécificités locales. « En gros, le climat creusois va se méditerraniser. On aura une saison sèche et une saison humide ». La température moyenne départementale annuelle passerait à 11,62 en 2040, contre 10,22 degrés sur la période 1980-2010. Les mois de février à juin subiront la vitesse de réchauffement la plus importante. D’ici 2040, on dépassera les 30 degrés pendant 21,8 jours par an contre 8,4 sur la période 1980-2010. Les épisodes de grands froids seront de plus en plus rares, les printemps seront plus précoces et les automnes beaucoup plus pluvieux (augmentation de 30% des pluies supérieures à 80 mm d’ici 2040). A noter : le taux « d’enforestement » aura un impact direct sur les températures locales. « Si certains arrêtent la sylviculture, cela aura des conséquences pour les voisins ».

Inévitablement, quelques réflexions atterrantes ont fusé, du style « le réchauffement est un cycle naturel » ou « la nature va bien s’adapter »… Le climatologue a rétorqué que l’augmentation des températures est quarante fois plus rapide que l’évolution naturelle la plus rapide depuis au moins 1 million d’années », ne laissant absolument aucune chance aux espèces de s’adapter à moyen terme.
Ces données sont publiées sur Synagri.

A suivre : trois articles dans les prochains jours sur cette journée très riche…

Rencontres alternatives forestières de Nedde : trois jours de vifs débats en perspective

Quand on est au bord de la mer, on ne se plaint pas que le paysage est plat. Quand on vient habiter sur le plateau de Millevaches, on ne doit pas se plaindre des résineux ! », m’a soufflé Grégory le Roux, délégué du syndicat des propriétaires forestiers limousin.

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Il réagissait aux critiques de l’association Nature sur un plateau qui milite pour une autre gestion de la forêt sur le PNR de Millevaches. Les 20 et 21 septembre, l’association organise les rencontres alternatives forestières à Nedde (87). Les débats promettent d’être vifs et passionnants, d’autant plus que des représentants du CRPF seront présents pour défendre la position des propriétaires forestiers…

Les ateliers posent les questions suivantes : qu’est-ce qui nous contraint à produire et valoriser des petits bois homogènes ? Comment sortir de cette pensée unique ? Comment entrepreneurs et prescripteurs (propriétaires, gestionnaires) peuvent-ils collaborer pour améliorer la qualité environnementale et sociale des travaux en forêt ? Comment établir un dialogue constructif entre habitants du territoire et personnes impliquées dans la filière ? Comment arriver à se parler, à s’écouter dans le respect de la parole d’autrui et sans se focaliser sur le jargon technique ? Comment les propriétaires peuvent-ils définir leurs propres orientations de gestion pour leur forêt ?

Des visites et des projections de films sont aussi prévues sur les trois jours.