Pérou : l’agriculture au pays des enfants du soleil

Je viens de passer trois semaines au Pérou, et bien sûr j’en ai profité pour glaner quelques informations agricoles. Compte-tenu du relief extrême, le pays produit de tout, mais en très petites quantités.

Là-bas, j’ai vu :

Des champs de quinoa en fleur, à perte de vue. Avec 3000 espèces produites sur 12000 hectares (principalement sur les hauts plateaux), le Pérou est le premier producteur mondial avec la Bolivie. Le quinoa résiste aux températures négatives, à la sécheresse et aux gelées. Cultivée sans pesticides depuis huit millénaires, cette pseudo-céréale est une source de protéine végétale essentielle… bien que les Péruviens semblent surtout très carnivores !

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La famille des quatre camélidés : les lamas (les grands aux longs nez), les alpagas (les plus petits élevés pour la laine), les vigognes et les guanacos. Sauras-tu les reconnaitre ? Ben non, pas franchement…

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Des croix dans le canyon de Colca, l’un des plus profonds du monde. Ce ne sont pas des tombes : ces croix signalent que la parcelle est offerte à la terre-mère, donc il est interdit d’y construire quoique ce soit. La propriété n’a pas le même sens qu’en Europe. Par exemple, les maisons abandonnées peuvent être légalement squattées.

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Une station expérimentale dédiée aux avocats, perdue dans le même canyon.

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Les fameuses terrasses agricoles incas. Les plus célèbres sont celles du site archéologique de Moray près de Cusco. Elles ont trois fonctions : la consolidation des pentes, les cultures grâce au nivellement (les plaines et les plateaux sont trop secs pour la plupart des cultures) et l’esthétique. Leur forme trapézoïdale assure une plus grande stabilité et la différence d’altitude entre les marches permet de produire différentes production. D’une largeur spécifique, chaque étage est dédié à une seule production : plus les plantes sont près de la pierre, plus elles profitent de la restitution de chaleur.

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Des pommes de terre à foison sur les marchés. Le Pérou cultive 3600 variétés dont 1300 dans la région de Cusco. les Incas maîtrisaient déjà la lyophilisation au XVe siècle ! Je les ai adorées sous la forme d’Ocopa, plat traditionnel de la région d’Arequipa : bouillies et nappées d’une sauce d’arachide pimentée avec un œuf dur et des olives.

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Des vaches andines perdues dans les bosquets à 3000 mètres d’altitude !

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Des vaches élevées… sur l’eau ! Sur le lac Titicaca, les îles Uros sont des îles artificielles constituées de roseaux, de terre et de papyrus. On a aperçu quelques vaches échouées sur ces radeaux, et on s’est demandé si l’altitude ou les feuilles de coca ne nous faisaient pas halluciner… Ces îles sont habitées depuis des millénaires, reconstruites tous les quinze ans et consolidées chaque semaine. Il faut dire que les terres les plus proches sont très arides, et que le lac est prolifique (poissons, roseaux comestibles, canards…).

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– Des vaches porte-bonheur. Sur le toit des maisons traditionnelles, les Incas ont l’habitude de placer deux vaches en céramique pour chasser les mauvais esprits (avec une seule, ça ne marche pas…).

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– Une cuisine métissée. Si le riz-patates-poulet sans sauce reste le menu de base (après la soupe de quinoa), la cuisine péruvienne est particulièrement inventive et métissée. Le plat national est le ceviché (poisson cru mariné dans du citron et des épices), mais les chefs s’inspirent aussi des saveurs européennes et asiatiques. En plus de l’élevage (notamment de taureaux), la colonisation espagnole a apporté la production de navet, de céleri, de lentilles, de fèves, de vin, d’olives, d’aubergines, d’agrumes, de riz et de fruits secs.

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Des fruits à gogo. Papayes, fruits de la passion, petites bananes… On a même testé le fruit du cactus.

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Les salines de Maras, près de Cusco, alimentées par une source chaude à 3200 mètres d’altitude. Chaque famille possède ses propres bassins depuis des générations. Le travail manuel est clairement très pénible et il semblerait que la source se tarit. L’ensemble du site produit jusqu’à 200 tonnes de sel par an.

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Un cacaotier dans la jungle amazonienne. 40000 familles vivent du cacao et le Pérou fournit 1,4% de la production mondiale. Dans certaines régions, le chocolat représente une alternative à la production de coca. Un ha de plantation peut donner 1000 kg de cacao, soit 10000 barres chocolatées.

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Psychologie positive : comment devenir « producteur » de sa vie ?

Tous les deux jours, un agriculteur se suicide en France. Comment retrouver de l’espoir et redonner un sens à sa vie ? Comment reprendre le contrôle ? Pour répondre à ces questions sensibles, la psy-coach québécoise Pierrette Desrosiers a donné plusieurs conférences en France sur le thème « productivité et bien-être : devenez producteur de votre vie ». Elle était au lycée des Vaseix (87) le 1er avril, sur invitation de la Trame et de l’inter-groupe féminin.

Pierrette Desrosiers est fille et femme d’agriculteur, et ses trois frères ont des exploitations. Autrement dit, elle connait bien le caractère fier et endurci des agriculteurs. « Il y a quinze ans, on m’a proposé de faire une conférence sur le stress à destination des agriculteurs. D’abord, ils sont venus pour faire plaisir à leur femme, puis finalement, un mouvement s’est créé. Depuis, j’ai parlé à 50 000 agriculteurs », sourit-elle.

Selon Pierrette Desrosiers, notre bonheur s’expliquerait pour 50% par des facteurs génétiques, 10% par des circonstances de vie, et 40% par des activités intentionnelles pour améliorer les choses. Or, nous focalisons souvent sur ces 10%… Si le déficit d’argent et de santé engendre un mal-être, leur possession ne garantit évidemment pas le bonheur. Quel autre facteur extérieur pourrait nous rendre heureux ? Notre famille ? Le succès ? Une rentrée d’argent inattendue ? « Tous ces phénomènes n’apportent du bonheur qu’à condition d’avoir conscience de leur processus d’usure. Seulement, on les prend trop souvent pour des acquis », déplore la conférencière.

Comme son lieu de travail et son lieu de vie est confondu, le mal-être de l’agriculteur va souvent impacter à la fois l’individu, le travail et la famille. On peut sortir du cycle infernal à trois conditions : décider de s’engager dès aujourd’hui, choisir une stratégie et changer son comportement.

Le stress est bien sûr composé de faits objectifs (une situation difficile, une mauvaise nouvelle, un surplus de travail…), mais il est aussi déterminé par nos ressources : si l’on a assez de confiance, de personnalité et de résilience pour faire face à la situation, on va résoudre le problème et le stress sera positif. Si l’on n’a pas assez de ressources, on va ressentir de la détresse. Elle va se manifester physiquement, psychologiquement et par le comportement (fuite de la réalité, comportement compulsif, enfermement dans le travail….). « Ces réactions vont aggraver la situation. C’est ce cercle vicieux qu’on peut rompre grâce à la psychologie. Pour faire face au stress, il faut développer ses compétences émotionnelles. Le quotient émotionnel est deux fois plus important que le quotient intellectuel pour réussir sa vie », constate Pierrette Desrosiers.

Voici quelques pistes de réflexion pour être plus épanoui :

  • Connaitre ses forces et ses faiblesses. Quelles sont aussi ses valeurs ? Ses intérêts ? Qu’est-ce qui est important pour soi ?
  • Gérer ses émotions. Plus on est sous l’emprise de l’émotion, moins on est capable de faire des choix rationnels. « Entre le moment où apparait la situation et notre réaction, nous avons un espace de liberté et de croissance. On a toujours le choix de nos réactions », explique Pierrette Desrosiers.

 

  • Pratiquer l’auto-motivation. Même quand rien ne va, il est essentiel de se rappeler notre mission et le sens de notre vie, de se projeter dans l’avenir.

 

  • Développer son empathie et ses habiletés sociales. Nous avons trois cercles d’influence : notre zone de contrôle où nous exerçons pleinement notre pouvoir (par exemple, notre alimentation, notre santé, nos loisirs, nos ressentiments…), notre zone d’influence où l’on peut espérer le meilleur et se préparer au pire (par exemple : notre famille, nos finances…), et la zone où nous n’avons aucun contrôle, et où il convient de lâcher prise (par exemple, les règlementations, la météo…). « Si on met son énergie à pleurer sur des choses où on ne peut absolument rien, on n’a plus l’énergie nécessaire pour agir dans sa sphère de contrôle », observe Pierrette Desrosiers.

 

  • S’autoréguler. Si on ne gère pas ses pulsions, on peut très vite effectuer des dépenses compulsives, diminuer sa performance, procrastiner, succomber aux addictions… Ce qui ne va bien sûr pas arranger la situation. « Le contrôle de soi est essentiel pour le succès. Malgré les tentations, il faut se concentrer sur son but et toujours se demander si ce plaisir nous sera nuisible».

 

  • Etre la bonne personne à la bonne place. Nos compétences doivent être au même niveau que nos challenges. Ainsi, on a confiance en soi, on persévère, on résiste au stress, on est motivé, créatif, performant et on prend plaisir à agir.
  • Devenir mono-tâche. On est moins efficace et heureux quand on fait dix choses à la fois.

 

  • Se mettre en « off ». Ménagez-vous des moments sans portable, sans écran et sans mail. Sinon, notre « mémoire vive » est inconsciemment toujours en attente d’un message.

 

  • Développer sa gratitude. Pendant dix semaines, notez cinq choses qui vous sont arrivés dans la journée, et qui méritent votre reconnaissance. Un réflexe tout bête qui permet d’augmenter son bonheur de 25% ! Le but est d’être plus optimiste par rapport au futur, et de se sentir bien dans sa vie. « On se concentre sur les chiures de mouches, et on oublie trop souvent ce qui va bien. A force, ça use le bonheur », déplore Pierrette Desrosiers.

 

  • Développer des relations humaines de qualité. « La famille apporte du bonheur si on passe du temps de qualité ensemble. Il faut arrêter de s’auto-saboter, en invoquant des croyances comme le manque de temps, de choix… Ces moments d’évasion vont apporter de l’énergie, de la motivation, un recul et donc une meilleure productivité. Quand on est déprimé, on ne voit plus les choses telles qu’elles sont. On voit tout en noir. Il faut parler à des personnes qui peuvent vraiment nous aider. Ce n’est pas un aveu de faiblesse, mais une preuve d’intelligence et de courage car on demande de l’aide avant tout pour sa famille », encourage la conférencière.

En cas de détresse, vous pouvez joindre votre médecin traitant, le service de santé au travail de la MSA (09 69 32 22 22), le centre écoute et soutien (05 55 23 49 95), le service SOS Amitié Limousin (05 55 79 25 25) ou le numéro Agri’Ecoute (09 69 39 29 19).

Clip réalisé par le DFAM 03.

Xavier Beulin : les dossiers chauds de 2015

Xavier Beulin

Le président de la FNSEA était invité au congrès de la Fédération nationale des producteurs de fruits les 28 et 29 janvier à Tulle. Xavier Beulin a tiré le bilan de l’année 2014 et fixé le cap des prochains mois. Il a détaillé quatre points majeurs :

1 ) Le made in France hors domicile : depuis l’automne dernier, la FNSEA s’attaque à la restauration hors domicile : « Nous avons réalisé 1000 enquêtes de terrain pour savoir quels acteurs proposaient des produits français. Il y a une grande hétérogénéité, que ce soit dans la restauration commerciale ou collective. Concernant la viande et les fruits et légumes, le constat est affligeant. Le 5 novembre, les JA ont fait une action à la cantine de Bercy, et il n’y avait aucun produit français sur les tables. Montebourg a piqué une colère, mais rien n’a changé. Notre objectif ambitieux et audacieux, c’est deux repas français sur trois servis. Concernant les cantines scolaires municipales, certains maires nous ont dit que la faute revenait aux parents d’élèves. Ils imposent un repas bio par semaine et comme ça coûte cher, il faut tirer les prix vers le bas le reste du temps… Ce n’est pas tenable comme raisonnement ».

2) Ecophyto 2 : « Le zèle français nous éloigne des standards européens dans le domaine social, sanitaire et environnemental. Ça n’est plus supportable. Nous sommes en grande difficulté parce qu’on a sur-transposé les normes européennes. Le président de la République l’a même reconnu lors de son premier passage au salon de l’agriculture, mais on n’a pas progressé depuis, sauf pour la production porcine où les préfets ont une plus grande marge d’appréciation. En réaction, il faudrait une campagne de communication générique sur l’excellence de l’agriculture française. On répond habituellement aux attaques par des réponses rationnelles et technologiques inaudibles pour le grand public. On doit nous raconter une histoire ». Xavier Beulin est revenu sur « l’énergie démentielle » que la FNSEA a déployé pour combattre l’interdiction de traiter à moins de 200 mètres des établissements sensibles, ainsi que la mise en place de l’ANSES (agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation et de l’environnement et du travail) : « Le directeur de cette agence indépendante aura tous les pouvoirs en matière sanitaire. Il devra s’auto-saisir, arbitrer, recommander et décider la mise sur le marché des produits antibiotiques et phytosanitaires. Comment demander à un fonctionnaire de prendre cette responsabilité sans sortir le parapluie ? ».

Xavier Beulin a aussi évoqué le plan Ecophyto 2 qui vise la réduction de 50% des consommations de pesticide d’ici 2025 : « Ce n’est pas en volume qu’il faut raisonner, mais en impact sur la santé et l’environnement. Il faut travailler sur des alternatives, relancer la recherche pour trouver de nouvelles solutions. Le numérique va révolutionner les pratiques agricoles. Il permettra d’économiser des pesticides en appréciant au plus juste les moments d’intervention, la climatologie, les dosages… Nous avons déjà des alternatives. La FNSEA veut passer du tout contraignant à l’initiative et l’innovation. Mais pour ça, il faut des moyens ».

3) Compte pénibilité : « la FNSEA privilégie un compte collectif. On pourrait apprécier collectivement ce qu’est la pénibilité de nos emplois. De toute façon, on va devoir payer… Mais il faut s’affranchir des responsabilités individuelles et des contraintes administratives. On ne conteste pas que les métiers agricoles sont pénibles. Mais le compte pénibilité n’est pas adapté à l’agriculture et ne sera pas efficace. Nous sommes des TPE avec des salariés multitâches. Concrètement, comment évaluer l’exposition aux vibrations sur un tracteur ? On m’a répondu : tout dépend si le sol est meuble ou dur… ».

4) Assurance récolte socle : étendu à l’ensemble des filières, ce contrat couvrirait 65% des coûts de production engagés, et non la perte de revenus. « Est-on prêt à aller vers une assurance obligatoire et quel moyen est-on prêt à y consacrer ? Il faudrait 600 millions d’euros pour financer ce dispositif, soit 7 à 8 points de la Pac. On y travaille pour 2020. Il y a deux points essentiels dans ce dossier : la réassurance publique et le mode d’expertise ».

Dans les prochains mois, la FNSEA choisira cinq ou six objectifs principaux sur lesquels elle interrogera les candidats aux élections présidentielles.

Les petites phrases du colloque Réseau Rural français

Le 28 novembre, la grande halle d’Auvergne accueillait le colloque fondateur du Réseau Rural Français 2014-2020 intitulé « tisser des liens pour le développement des territoires ruraux ». Les Ministres Stéphane le Follet Sylvia Pinel étaient présents. Voici quelques propos qui m’ont fait tilt…

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Rolex ou projet agro-écologique : « Si à quarante ans tu n’as pas monté un projet agro-écologique, tu as raté ta vie », plaisantait Jouany Chatoux, jeune éleveur du plateau de Millevaches. Il porte un projet collectif de méthanisation.

1000 vaches et Gaec : « Le vrai problème de la ferme de 1000 vaches, c’est que l’investisseur n’est pas un agriculteur… […] Le Gaec permet aux agriculteurs de se regrouper et de rester des chefs d’exploitation. C’est aussi un outil structurant du renouvellement des générations. […] La production agricole est structurante en milieu rural. Ce sont de jeunes couples avec des enfants qui font vivre les villages », a déclaré Stéphane le Foll.

Tous ensemble : « Le Ministère a validé 103 projets de GIEE, qui concernent 5000 exploitations. La démarche oblige les acteurs à penser ensemble au développement des territoires. C’est ça qui est stimulant et dynamisant », relevait Stéphane le Foll.

La leçon des vers de terre : « Trois tonnes de vers de terre à l’ha remuent 380 tonnes de terre, et ils le font gratuitement sans cotisation sociale. Tout cela doit s’enseigner dans les lycées agricoles. La loi d’avenir sur l’agriculture change les référentiels des enseignements pour introduire l’agro-écologie. Mais on ne peut pas aller plus vite que le changement culturel… », a dit Stéphane le Foll.

Jazz et développement rural : « Dans les cinq ans, des mutations très importantes vont verdir l’agriculture. On cherche à mixer les productions agricoles avec des productions d’énergies renouvelables et d’autres activités. Le monde rural se perçoit comme oublié du débat public alors qu’il a des potentialités extrêmement intéressantes. Par exemple, l’école rurale obtient de grandes réussites. Autre exemple : qui aurait supposé que Marciac accueillerait le plus grand festival mondial de jazz, et que tous les agriculteurs du secteur deviennent spécialistes de jazz ? Ces projets se fondent sur une logique de développement et non sur l’aménagement, c’est comme ça que la ruralité développe toutes ses potentialités », observait Stéphane le Foll.

Réinventer avec le numérique : « Les territoires ruraux accueillent 20% de la population française mais représentent 80% de la surface de la France. Ils ont des richesses exceptionnelles, mais ils doivent passer d’une logique d’aménagement à une logique de développement. Le numérique est la troisième révolution industriel, et ça change tout, y compris la démocratie. On doit réinventer les choses, s’organiser différemment », encourageait René Souchon, président de la Région Auvergne.

Pacte républicain : « Les territoires ruraux sont plein de richesses et d’atouts. Vous incarnez ces ruralités inventives et dynamiques, même si elles ne sont pas épargnées par la crise. Le gouvernement veut réaffirmer le rôle de la ruralité dans notre pacte républicain. Elle doit contribuer au redressement de notre pays [avec comme enjeux] les énergies renouvelables et la préservation des ressources naturelles. Ce réseau permet de traiter le lien entre les territoires ruraux et urbains [en renforçant leur] complémentarité », introduisait Sylvia Pinel, Ministre du Logement, de l’Égalité des territoires et de la Ruralité.

Innovation : « Les emplois de conception d’innovations et de recherche se concentrent sur 10% des intercommunalités françaises », rapportait Vanessa Cordoba, du bureau d’études CMI qui présentait l’enquête « Innovation et territoires de faible densité, potentiel et condition du renforcement de l’innovation ».

Contrats Ville/campagne : « Il faut remplacer la politique des lieux par la politique des liens. Dans une politique d’aménagement du territoire, on détermine des territoires prioritaires et on met en place des actions spécifiques. Dans la politique des liens, on n’attend pas les appels à projet de l’État mais on construit des contrats de réciprocité entre les zones urbaines et rurales sur un mode gagnant-gagnant. Les territoires ruraux répondent à des problématiques résidentielles, de cadre de vie, de tourisme… On pourrait mettre en place ces contrats au sein d’un bassin de vie, ou entre une ville et un bourg proche. Les territoires ruraux doivent sortir de leur position défensive et quémandeuse, pour devenir des partenaires des villes », proposait Alain Calmette, député du Cantal.

Directives nitrates : « ce n’est pas un sujet en Corrèze »

Les nitrates sont un sujet de préoccupation national, mais pas un sujet en Corrèze. Depuis 14 ans, je contrôle 70 points de relevés dans le département pour évaluer la qualité des eaux de surface,trois ou quatre fois par an.  Il n’y a jamais eu de problème de nitrate en Corrèze ! Bien sûr, il peut y avoir un soucis temporaire sur un ruisseau, mais jamais à grande échelle. L’élevage n’est pas intensif. Ça fonctionne bien car nos réseaux d’eau sont denses.

m’a dit cette semaine un fonctionnaire du conseil général, qu’on ne peut pas accuser de partialité… Le président de la Fdsea de Corrèze résume la situation : http://www.agrivisio.com/r79-limousin/tv-daniel-couderc-president-de-la-fdsea-de-correze-solidaire-d.html?vod=9848

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En 2040, la Creuse aura le climat de la Méditerranée (mais sans la mer, c’est nul…)

La Creuse s'oriente vers un climat méditerranéen d'ici 2040

La Creuse s’oriente vers un climat méditerranéen d’ici 2040

Le Cetef organisait le 27 juin à Bourganeuf une journée sur le changement climatique et la gestion forestière. En introduction, on a pu entendre les projections climatiques de Vincent Cailliez, climatologue de la chambre d’agriculture 23. Il a d’abord rappelé les grands enseignements du Giec sur le réchauffement climatique. Ensuite, il a indiqué qu’en Limousin la différence de normales trentenaires de température atteint 0,9°C. Cependant, la vitesse réelle de l’évolution est de 4,6°C par siècle (avec une marge d’erreur de 0,8°C). « C’est un chiffre que je déteste communiquer. Ça ne me plait pas que mes enfants grandissent dans un tel monde mais c’est une réalité à laquelle nous devons nous préparer. La notion de normale trentenaire est dépassée depuis les années 1970. Il vaut mieux parler d’espérance climatique ».

Et la situation ne risque pas de s’arranger puisque le système climatique présente une grande inertie : « « Le carbone d’origine humaine présent dans l’atmosphère n’a exprimé pour l’instant qu’environ 15% de son potentiel de réchauffement. Si on n’émettait plus de CO2 à partir d’aujourd’hui, quatre siècles et demi pour parvenir à l’équilibre thermique », explique Vincent Cailliez.

Impact du réchauffement climatique sur l’agriculture

La chambre d’agriculture de la Creuse a réalisé une étude sur l’adaptation des pratiques culturales au changement climatique (2012-2014). Les résultats de 19 stations et 34 stations pluviométriques ont été utilisés. Si les projections suivent globalement la tendance nationale, il y a tout de même des spécificités locales. « En gros, le climat creusois va se méditerraniser. On aura une saison sèche et une saison humide ». La température moyenne départementale annuelle passerait à 11,62 en 2040, contre 10,22 degrés sur la période 1980-2010. Les mois de février à juin subiront la vitesse de réchauffement la plus importante. D’ici 2040, on dépassera les 30 degrés pendant 21,8 jours par an contre 8,4 sur la période 1980-2010. Les épisodes de grands froids seront de plus en plus rares, les printemps seront plus précoces et les automnes beaucoup plus pluvieux (augmentation de 30% des pluies supérieures à 80 mm d’ici 2040). A noter : le taux « d’enforestement » aura un impact direct sur les températures locales. « Si certains arrêtent la sylviculture, cela aura des conséquences pour les voisins ».

Inévitablement, quelques réflexions atterrantes ont fusé, du style « le réchauffement est un cycle naturel » ou « la nature va bien s’adapter »… Le climatologue a rétorqué que l’augmentation des températures est quarante fois plus rapide que l’évolution naturelle la plus rapide depuis au moins 1 million d’années », ne laissant absolument aucune chance aux espèces de s’adapter à moyen terme.
Ces données sont publiées sur Synagri.

A suivre : trois articles dans les prochains jours sur cette journée très riche…