Le tourisme : « des bulles de bonheur dans un monde chaotique »

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Le Machu Picchu, menacé par la sur-fréquentation touristique

Le réchauffement climatique force les professionnels du tourisme à s’adapter. En dix ans, le tourisme mondial a augmenté de 25%, accentuant la pression sur les espaces naturels, générant des pollutions et des conflits d’usage. Dépendant du climat, le tourisme peut-il vraiment s’adapter aux enjeux du XXIe siècle ? Philippe Bourdeau posait la question lors du colloque de la Frapna.

Philippe Bourdeau est professeur à l’institut de géographie alpine de Grenoble. Lors du dernier colloque de la Frapna à Grenoble (« quand le changement atteint les sommets »), il a évoqué l’impact du changement climatique sur le tourisme. « Le tourisme a toujours été climato-dépendant. C’est une dramaturgie à répétition et à injonction contradictoire : à la mer, les touristes veulent avoir chaud mais pas trop. A la montagne, ils veulent de la neige et du soleil. D’ailleurs, ça n’a pas toujours été dans ce sens-là. Il y a une centaine d’années, on allait à la mer l’hiver et à la montagne l’été mais le rapport au corps a évolué », introduisait-il.
Le réchauffement : une menace pour le tourisme
Globalement, les acteurs touristiques considèrent le changement climatique comme une menace. Pourtant, le tourisme fait partie du problème : il représente 5% des émissions mondiales de GES et 9% du PIB mondial. En cause : les transports de loisirs, qui devraient encore augmenter de 152% entre 2005 et 2035 si rien n’est entrepris pour inverser la tendance…
Selon l’organisation mondiale du tourisme, en station de sport d’hiver, le transport est responsable de 57% des émissions des GES. Si le réchauffement climatique atteint 4°C, seuls 220 stations alpines sur 660 seront viables. La période d’exploitation sera forcément réduite, avec des problèmes d’approvisionnement en eau et une réduction nécessaire de consommation énergétique.Dans ce contexte, Philippe Bourdeau interroge : « Les stations ont cherché à sortir du tout ski, elles cherchent à sortir du tout neige mais peut-être devront-elles sortir du tout tourisme… »
Et pourquoi pas une « opportunité » ?
Cela peut paraitre un peu tordu, mais le changement climatique peut aussi représenter une « opportunité » pour le tourisme. « Par exemple, les stations pourraient communiquer l’été sur l’air frais des montagnes ! Je pense aussi au tourisme de la dernière chance qui se développe beaucoup : on propose aux touristes d’aller voir des lieux particulièrement menacés avant qu’ils ne disparaissent. Mais dans les faits, on constate une érosion du tourisme sur les glaciers, notamment au Mont Blanc et dans le massif des Écrins », souligne Philippe Bourdeau.
Le tourisme aura-t-il encore du sens demain ?
Au final, la question que personne ne veut se poser est bien celle-ci : le réchauffement climatique a déjà un impact sur nos déplacements, nos logements, nos métiers… Pourquoi n’en aurait-il pas sur nos loisirs ? « Pour l’instant, beaucoup d’acteurs du tourisme ont une vision immunitaire : ils veulent absolument préserver des bulles de bonheur dans un monde chaotique. Mais quel sens ces propositions auront-elles demain ? Il faut admettre qu’on ne pourra pas conserver nos modes de vie. Le tourisme ne doit plus être conçu comme une finalité en soi. Il faut qu’il retrouve du sens : c’est l’attraction des territoires qui doit générer le tourisme », concluait Philippe Bourdeau.

Le tourisme durable pourrait en partie résoudre cette équation impossible, en préservant les ressources naturelles, culturelles et sociales des territoires.

Pour aller plus loin : https://rga.revues.org/1049

Énergie solaire : l’appel d’offres du Ministère est doublé

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François Hollande a annoncé hier au Bourget-du-Lac le doublement de l’appel d’offres du Ministère de l’Écologie pour augmenter la production d’énergie solaire « CRE3 ». Cette décision s’inscrit dans la loi sur la transition énergétique.

François Hollande a placé sa rentrée politique sous le signe de l’environnement. Ce jeudi 20 août, il visitait l’Institut national de l’énergie solaire au Bourget-du-Lac en compagnie de la Ministre de l’Écologie Ségolène Royal. Le timing semblait idéal : la loi sur la transition énergétique a été promulguée cette semaine et la France recevra la COP21 d’ici la fin de l’année. Le président a d’emblée rappelé que la transition énergétique représentait un « défi » pour la croissance et l’emploi : « Cette loi apporte des outils règlementaires, financiers et technologiques. […] Elle va rassembler tous les acteurs industriels, élus et innovateurs pour faire de la France un grand pays exemplaire en matière de transition énergétique. Nous avons une responsabilité puisque nous allons accueillir la conférence internationale sur le climat à la fin de l’année ».

Une occasion unique de valoriser les technologies françaises, les engagements de la France et la dynamique européenne. « Je dois dire que la complémentarité avec l’Allemagne a été essentielle. C’est un enjeu politique : est-ce que nous allons réussir à entraîner le monde dans un accord global qui ne doit pas être regardé comme une contrainte mais comme une chance pour la croissance et l’emploi ?  », interrogeait le Président.

Coup de pouce au marché national de l’énergie solaire…

Dans la transition énergétique française, le nucléaire tient encore une place majeure (1). Mais l’objectif est bien d’augmenter progressivement le pourcentage d’énergie renouvelable dans le mix énergétique (jusqu’à 32% en 2030 alors qu’elle était de 13,7% en 2012). Pour cela, l’énergie solaire est privilégiée. François Hollande invite les industriels à innover. Dans le cadre de la Nouvelle France Industrielle, des entreprises de toutes tailles se sont déjà engagées dans la transition. Le Président a promis que le crédit d’impôt recherche ne serait pas modifié avant la fin de son quinquennat, énumérant les autres outils publics de soutien à l’investissement : la banque publique d’investissement, l’ADEME et les investissements d’avenir. Pour doper le marché intérieur, François Hollande a annoncé le doublement de la puissance autorisée pour l’appel d’offres solaire « CRE3 » publié au mois de juin : elle passe de 400 à 800 MW, englobant quarante à soixante projets supplémentaires (principalement des installations au sol hors terres agricoles).

… Et positionnement sur les marchés internationaux

Cependant, la France et l’Europe ont avant tout une réelle carte à jouer à l’export : « Si nous avons un accord sur le climat – et même si nous n’en n’avions pas, ce qui serait une catastrophe – l’enjeu c’est d’être capable de proposer des solutions aux pays qui vont engager leur transition énergétique. Beaucoup de pays émergents vont demander à juste raison que leur transition énergétique puisse être accompagnée financièrement […]Il y aura des moyens financiers mais est-ce que nous serons capables de proposer des solutions ? Des pays comme l’Inde sont réticents à un accord sur le climat mais totalement mobilisés sur l’énergie solaire. Les pays africains sont également pleinement mobilisés car la transition énergétique leur permettra de sauter une génération technologique. Nous devons proposer des offres technologiquement meilleures et financièrement attractives », invite François Hollande.

tournez manège à meuh !

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Depuis quelques semaines, les montagnes qui m’entourent ont poussé de 1500 mètres. Les forêts ont été reléguées sur les coteaux et il y a même des vignes. Dans les champs, les limousines se sont volatilisées, remplacées par des tarines et des abondances. Les gens que je croise ont TOUS des capacités physiques hors du commun. Il parait que des loups rodent près de ma maison. Je suis cernée par quatre parcs naturels et je dois faire des efforts sur-humains pour résister aux tentations fromagères perpétuelles… Il faut se rendre à l’évidence : j’ai déménagé en Savoie au mois de juin, et en vérité, « Savoie » plutôt bien…

Je profite donc de l’été pour m’empiffrer découvrir la région et rencontrer les acteurs locaux. Hier, j’étais au salon de l’agriculture de Montagne à Bourg-Saint-Maurice. L’ambiance était très familiale et j’ai fait de nombreuses rencontres intéressantes ! Le théâtre de la Toupine (Evian) avait notamment installé « un vache de manège à mamelles propulsives ». Auto-construit, l’engin fonctionne à la force hydraulique : Les enfants embarquent sur des  vach’avions, des vach’abeilles, des vach’à roulettes, des fusées bidons et même des vaches squateuses… De leur côté, les parents actionnent le manège en trayant une vache en ferraille, en pédalant ou en faisant tourner un « orga’meuh » (orgue de 19 cloches à vaches, avec des boites à meuh et des bidons de lait sonores). Tellement poétique !

La troupe sera présente au Col du Glandon (73) le 23 août, puis au festival au Bonheur des Mômes du 23 au 28 août au Grand Bornand (74).

Bon, et sinon j’ai travaillé un peu… A suivre ces prochains mois !

 

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L’orga’meuh….

Mimi de Salers, à l’honneur du festival du court-métrage !

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Le festival du court métrage de Clermont-Ferrand démarre le 30 janvier. Si vous avez la chance d’y assister, ne manquez pas cette petite perle de 9 minutes : « Salers » du réalisateur argentin Fernando Dominguez. Voici la présentation :

« Pas de caméra fixe. Quelqu’un arrive et déambule dans les rues de Salers, sans se présenter, il raconte (voix off) son passage à Salers pendant la guerre. Un événement l’a marqué, la rencontre avec Mimi Pinson. Un personnage bien réel, la folle du village, qui vivait au premier étage de la Porte de la Martille et dont tout le monde se souvient car elle écrivait des lettres à Franco, Mussolini et Hitler, en leur disant qu’elle ne leur ouvrirait pas l’entrée de Salers à cause de leurs mauvaises actions (avoir chassé les espagnols de leur pays). Elle n’obtint jamais de réponse à ses lettres.

La voix off revient à Salers quelques années plus tard. Rien n’a changé. Mais où est Mimi ? Les images s’évaporent comme ses souvenirs.

« Les fous sont ceux qui voient la vie avec d’autres yeux »  disait Nicolás Rubió dans une interview sur France Culture le 20/10/2013.

Beaucoup de sagraniers se souviennent de Mimi Pinson. Elle a marqué la vie de mes grand-tantes asturiennes, réfugiées à Salers, à qui Mimi offrait généreusement du bois et des gâteaux, alors qu’elle-même était dépourvue de tout. Une folle attachante qui aura bien plus marqué les esprits que beaucoup de gens dits « normaux ». Un court-métrage très émouvant, avec un Salers filmé de façon inédite. Des images tantôt sombres, tantôt avec des touches de couleurs. Des images qui s’éclaircissent ou s’assombrissent en fonction des souvenirs du narrateur.

Le spectateur découvre à la fin le nom de la chaleureuse voix off. Il s’agit de l’artiste Nicolás Rubió.

Nicolás Rubió est né à Barcelone (Espagne) en 1928 dans une famille bourgeoise. Son père, Santiago Rubió (1892-1980), était ingénieur civil, il participa au chantier du métro de Barcelone et dirigea l’installation de funiculaires sur les collines entourant la ville. Il se réjouit de l’autonomie accordée à la Catalogne par la Seconde République espagnole, et travailla en lien étroit avec la Generalitat de Catalunya, ce qui, lorsque la guerre civile éclata, le plaça  sans ambiguïté dans le camp républicain.

En 1938, la victoire de Franco devenant inéluctable, la famille Rubió gagna la France et commença sa vie en exil, d’abord à Céret (Pyrénées Orientales), puis au village de Vielles dans la paroisse d’Ytrac (Cantal). Un village alors composé de « 75 habitants, 20 maisons, 300 vaches » (titre du 1er documentaire que lui a consacré en 2011 l’argentin Fernando Dominguez, couronné de nombreux prix). Pour le jeune Nicolás ce fut une période de joie. A 11 ans il commença à rédiger ses mémoires avec textes et dessins. Il fit dans ce village l’apprentissage des travaux des champs.

A cette époque, Nicolás Rubió n’a visité Salers qu’une seule fois (peut-être en 1943, les souvenirs sont flous). Il y a fait la rencontre de Mimi Pinson. Et il est tombé sous le charme de cette ville. Il est souvent revenu à Salers par la suite. C’est à Salers qu’il a cessé d’écrire ses mémoires car –dit-il- il n’avait pas assez de mots pour décrire cette cité.

En 1948, après 10 ans passés dans le Cantal, comprenant qu’il faut renoncer à tout espoir de renversement du régime franquiste et, par conséquent, à un retour immédiat en Catalogne, la famille choisit de partir s’installer en Argentine. Agé de 20 ans, le jeune Nicolás prit des cours de dessin. Sa vocation pour la peinture et l’écriture s’étant révélée.

Nicolás Rubió a peint plus de 600  tableaux sur le Cantal, sur ce village de Vielle, ses habitants, leur quotidien, l’art populaire. Dans ses tableaux, il recrée ce monde auvergnat, il raconte avec force détails la vie paysanne des années de guerre, rythmée par les coutumes et les fêtes. »

La start’up est dans le pré : un tremplin pour l’innovation rurale

Les 20 et 21 septembre, le concours « la Start’up est dans le pré » tiendra sa quatrième édition à Carbonne près de Toulouse. Créé par Pierre Alzingre et organisé par le club des entrepreneurs du Volvestre, il réunit sur deux jours les talents et les capitaux. L’objectif est de faire émerger des projets innovants en milieu rural. Dès leur arrivée, les candidats défendent leur idée en une minute, constituent des équipes et rencontrent des partenaires nécessaires pour lancer leur entreprise : institutions, élus, université, entreprises, consultants… L’ambiance est très sympa (comme le montre cette vidéo d’annonce de l’édition 2012) et le week-end se termine par le moment redouté de « l’abattoir » : seuls sur un ring, les candidats soutiennent leur projet face au jury.

Soutenue par le groupe les Echos et HEC, l’initiative a remporté le Grand prix du salon Ruralitic 2014. Le slogan du concours est tout un programme : « la tête dans les étoiles et les pieds sur terre ! ».

Cinq start-up limousines à découvrir chez Orange

Orange organise l’opération « start-up days » du 15 au 20 septembre. Cinq entreprises du Limousin présenteront leurs innovations numériques dans la boutique de Limoges (21 rue du Clocher).

Il s’agit de Dreamagine Studio (utilisation du jeu numérique dans les campagnes de marketing), l’Usine Numérique (formation, productions numériques, co-working, pépinière d’entreprises…), TimGroup (ingénierie informatique et communication digitale), Powize (éditeur de logiciels et services numériques au Dorat) et Mowoo.

« Je suis persuadé qu’il y a une place pour l’innovation numérique en Limousin », m’a confié Franck Aupetit, directeur régional d’Orange en Limousin.