Ainsi fondent les glaciers des Alpes…

Le 23 septembre, Manuel Valls et Ségolène Royal étaient au chevet de la mer de glace. L’emblématique glacier des Alpes a reculé d’1,5 km en quelques décennies. On estime qu’en 30 ans, les glaciers alpins ont perdu un mètre d’épaisseur par an. « Depuis 5300 ans, les glaciers n’ont jamais occupé des positions si reculées. A terme, tous les petits glaciers disparaitront« , prévient Christian Vincent, ingénieur du laboratoire de glaciologie et de géophysique de l’environnement . Lors du colloque de la Frapna, il  a rappelé les bases : la dimension d’un glacier résulte du rapport entre l’accumulation hivernale de neige et la fonte estivale. Depuis les années 1980, la décrue glaciaire s’explique avant tout par l’augmentation des fontes estivales. Par contre, contrairement aux idées reçues, la quantité de neige accumulée a peu évolué.
Le laboratoire Glacioclim suit à la loupe cinq glaciers alpins pour caractériser les phénomènes. Les données récoltées font froid dans le dos : le glacier de Saint-Sorlin d’Arves a ainsi perdu 60 mètres d’épaisseur entre 1900 et 2015, soit deux fois plus que le glacier d’Argentière (massif Mont Blanc).

Fonte des glaces : des dangers réels

Perdant de la masse et de l’épaisseur, les glaciers sont traversés par des écoulements deux à trois fois supérieurs. De plus, la température interne des glaciers de très haute altitude (plus de 3500 mètres) frôle dangereusement les valeurs positives. « Cela peut avoir un impact sur la stabilité des glaciers, car les glaces collent mieux au rocher quand les températures sont négatives. Lorsque l’eau circule dans les bases des glaciers, on risque des catastrophes. Pour stabiliser la montagne, il faut effectuer des forages pour vider les poches d’eau. comme au dôme du Goûter en 1994 et 2004. A chaque nouveau cas, nous alertons les politiques mais ce n’est pas toujours facile de mobiliser », explique-t-il.
Actuellement, les inquiétudes se concentrent sur le glacier de tête Rousse (Mont Blanc) : en 2014, une nouvelle poche d’eau a été identifiée, (estimée entre 20 000 et 35 000 m3) alors qu’il y a cinq ans, une autre poche avait déjà été vidangée. Rappelons qu’en 1892, une vague de trente mètres de haut avait causé la mort de 175 personnes à Saint-Gervais.

Pour en savoir plus : « Quoi de neuf sur la planète blanche ? » aux éditions Glénat.

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