En 2040, la Creuse aura le climat de la Méditerranée (mais sans la mer, c’est nul…)

La Creuse s'oriente vers un climat méditerranéen d'ici 2040

La Creuse s’oriente vers un climat méditerranéen d’ici 2040

Le Cetef organisait le 27 juin à Bourganeuf une journée sur le changement climatique et la gestion forestière. En introduction, on a pu entendre les projections climatiques de Vincent Cailliez, climatologue de la chambre d’agriculture 23. Il a d’abord rappelé les grands enseignements du Giec sur le réchauffement climatique. Ensuite, il a indiqué qu’en Limousin la différence de normales trentenaires de température atteint 0,9°C. Cependant, la vitesse réelle de l’évolution est de 4,6°C par siècle (avec une marge d’erreur de 0,8°C). « C’est un chiffre que je déteste communiquer. Ça ne me plait pas que mes enfants grandissent dans un tel monde mais c’est une réalité à laquelle nous devons nous préparer. La notion de normale trentenaire est dépassée depuis les années 1970. Il vaut mieux parler d’espérance climatique ».

Et la situation ne risque pas de s’arranger puisque le système climatique présente une grande inertie : « « Le carbone d’origine humaine présent dans l’atmosphère n’a exprimé pour l’instant qu’environ 15% de son potentiel de réchauffement. Si on n’émettait plus de CO2 à partir d’aujourd’hui, quatre siècles et demi pour parvenir à l’équilibre thermique », explique Vincent Cailliez.

Impact du réchauffement climatique sur l’agriculture

La chambre d’agriculture de la Creuse a réalisé une étude sur l’adaptation des pratiques culturales au changement climatique (2012-2014). Les résultats de 19 stations et 34 stations pluviométriques ont été utilisés. Si les projections suivent globalement la tendance nationale, il y a tout de même des spécificités locales. « En gros, le climat creusois va se méditerraniser. On aura une saison sèche et une saison humide ». La température moyenne départementale annuelle passerait à 11,62 en 2040, contre 10,22 degrés sur la période 1980-2010. Les mois de février à juin subiront la vitesse de réchauffement la plus importante. D’ici 2040, on dépassera les 30 degrés pendant 21,8 jours par an contre 8,4 sur la période 1980-2010. Les épisodes de grands froids seront de plus en plus rares, les printemps seront plus précoces et les automnes beaucoup plus pluvieux (augmentation de 30% des pluies supérieures à 80 mm d’ici 2040). A noter : le taux « d’enforestement » aura un impact direct sur les températures locales. « Si certains arrêtent la sylviculture, cela aura des conséquences pour les voisins ».

Inévitablement, quelques réflexions atterrantes ont fusé, du style « le réchauffement est un cycle naturel » ou « la nature va bien s’adapter »… Le climatologue a rétorqué que l’augmentation des températures est quarante fois plus rapide que l’évolution naturelle la plus rapide depuis au moins 1 million d’années », ne laissant absolument aucune chance aux espèces de s’adapter à moyen terme.
Ces données sont publiées sur Synagri.

A suivre : trois articles dans les prochains jours sur cette journée très riche…

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