Ruralitic : ça balance pas mal !

Voici un florilège des petites phrases prononcées lors des universités d’été des territoires ruraux et numériques (Ruralitic) les 26 et 27 août derniers dans le Cantal. Si le visuel de l’évènement invitait à « butiner les bonnes idées », les élus n’ont pas hésité non plus à poser les vraies questions (parfois fâcheuses) sur le numérique. Petite revue des déclarations drôles, méchantes et souvent perspicaces :

 Élus isolés. « Les décideurs politiques n’ont pas pris la mesure du numérique. Ce sont eux qui sont isolés du numérique ! Les citoyens se l’approprient plus facilement », a déclaré Pascale Luciani-Boyer, auteur du livre « les élus face au numérique » et membre du Conseil national du numérique.

Pleurer ou se développer. « Ça ne sert à rien de pleurer sur le déclin de la ruralité, il faut se demander comment faire pour se développer et le numérique est un levier majeur pour tous nos territoires. Pour nous tous, c’est un vrai choc culturel », tonnait René Souchon, président de la région Auvergne, 

Creuse et 4G : « Selon 60 millions de consommateurs, aucun opérateur privé n’a d’appétence pour installer la 4G en Creuse. Les territoires ruraux sont donc en danger si les pouvoirs publics ne font rien », a déploré Alain Lagarde, conseiller régional du Limousin.

 Petite pique au voisin : « Je ne sais pas comment le Limousin se positionnera dans sa nouvelle région, mais l’Auvergne est beaucoup plus avancée sur le numérique que la Haute-Savoie. Comment on va gérer ces disparités dans le cadre de la réforme territoriale ? », interrogeait René Souchon.

Les vaches et le digital : « Avant, les anciens apprenaient aux enfants à traire les vaches. Aujourd’hui, les enfants apprennent à leurs parents le numérique. C’est un renversement total », selon Patrice Carre, président du conseil scientifique de Décider Ensemble.

 A l’école ou sur le net ? « En France, on a du mal à définir ce qu’est le socle commun de connaissances. Du coup, on a fait huit changements de programmes sur les deux dernières décennies ! En réalité, on réajuste sans cesse les enseignements qui doivent avoir lieu à l’école, et ceux qui doivent avoir lieu en dehors. C’est tout l’enjeu du numérique qui prolonge les enseignements à la maison », analysait Jean-Louis Durpaire, ancien inspecteur général de l’éducation nationale.

Dans mon HLM : « Le coût d’accès annuel à internet représente un mois de RSA. Pourquoi ne pas proposer l’accès gratuit dans les HLM ? », a suggéré Jean-Louis Durpaire.

Les campagnes sont des start-up : « Les campagnes sont à la ville ce que les start-up sont aux grands groupes. Des endroits où l’on trouve de la réactivité, de la souplesse et de la solidarité. Tout ce qui fait qu’on va plus loin! », a déclamé Pierre Alzingre, créateur du concours « la start-up est dans le pré ».

Cher le film : « Il faut développer des nouveaux usages numériques. Si le très haut débit sert juste à regarder la télévision en très haute définition, ça fait un peu cher le film… », ironise Sébastien Cote, commissaire général de Ruralitic. 

Brive : petit tour au festival de l’élevage

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Cet après-midi, j’ai fait le plein de bonnes nouvelles sur le festival de l’élevage. Il se termine ce dimanche 31 août avec la vente de prestige des reproducteurs bovins limousins à 15h30, un spectacle équestre et de nombreuses animations.

A suivre sur le blog ces prochaines semaines !

Ruralitic : trois infos qui donnent la pêche

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Ruralitic – table ronde sur l’école numérique

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René Souchon, président de la région Auvergne et Alain Lagarde, conseiller régional du Limousin lors de Ruralitic

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Des centaines de personnes ont assisté aux journées Ruralitic

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Le cadre du château de Vixouze dans le Cantal

 

Cette semaine, j’ai couvert le salon Ruralitic (numérique et territoire ruraux) au château de Vixouze dans le Cantal. Deux jours de débats passionnants sur l’avenir digital de nos campagnes avec des interventions de haute qualité. Cette année, le thème était la gouvernance numérique et il a été beaucoup question des usages.

S’il fallait résumer Ruralitic en trois infos positives, je retiendrais ceci  :

 Le boom numérique reste à venir : En 2018, on aura multiplié par dix le volume de données numériques échangées. On comptera 59 millions d’internautes et en moyennes sept appareils connectés par personne (rapport Cisco). Dans les prochaines années, la couverture de la France en très haut débit devrait créer 20000 emplois.

 Les télécentres apportent de la croissance : Selon une étude menée par l’ENS de Cachan et la caisse des dépôts, les télécentres réduiraient de 5,5 jours l’absentéisme des salariés et augmenteraient leur productivité de 13%. En effet, quand on n’est pas dans les transports… on travaille ! Pour les collectivités, l’ouverture d’un télécentre génère neuf emplois, l’augmentation de 56 habitants, 56 600 euros de consommation supplémentaires et de 50 000 euros de recettes fiscales. Jackpot !

 Un project Bond pour le numérique rural : La banque européenne d’investissement a lancé les premières obligations de projet dans le domaine des infrastructures : les actionnaires peuvent désormais financer en bourse l’équipement en très haut débit des petits villages ! La toute première émission a été réalisée par Axione. « Il faut voir le chemin parcouru… Au départ, les industriels privés ne s’intéressaient même pas aux réseaux numériques ruraux portés par les collectivités. Aujourd’hui, grâce à la mobilisation des élus, ils intéressent les grands financiers de ce monde et sont bien notés par les agences de notation ! S’ils investissent sur ces réseaux, c’est que leur rentabilité ne fait aucun doute », souligne Sébastien Cote, commissaire général de Ruralitic. Signe du changement : les représentants de SFR et Orange se sont déclarés très motivés pour exploiter ces réseaux d’initiative publique.

Qualité de vie : si c’est l’OCDE qui le dit !

Il fait bon vivre en Limousin ! L’OCDE a lancé un nouveau site interactif sur le bien-être régional, suite aux réflexions de la commission Stiglitz. Il compare 362 régions du monde selon huit critères : le revenu, la santé, la sécurité, l’accès aux services, l’engagement civique, l’éducation, l’emploi et l’environnement.
Bilan : le Limousin est la première région de France pour sa qualité environnementale (l’indice retenu est le taux de particules) et seconde pour l’engagement civique (la classe !). La région obtient une jolie cinquième place pour l’accès aux services, l’éducation et la sécurité. Concernant l’emploi et le revenu, ce n’est pas terrible, mais on fait toujours mieux que Poitou-Charentes et Aquitaine. Une information intéressante à l’aube de la réforme territoriale !

Le châtaignier sauvé par des chauves-souris ?

Tels Batman, les chauves-souris sauveront peut-être le châtaignier de son parasite !

Tels Batman, les chauves-souris sauveront peut-être le châtaignier de son parasite !

Emblème du Limousin, le châtaignier est victime d’une chenille redoutable (carpocapse). Pour en venir à bout, des propriétaires forestiers font appel… aux chauves-souris, aux mille-pattes et à une soixantaine d’autres prédateurs naturels !
Cette expérimentation limousine est menée sur six parcelles avec l’aide de l’agronome Hervé Coves : « On utilise l’environnement naturel pour organiser la prédation. Les processus de régulation existent dans la nature depuis des milliards d’années, il faut simplement leur donner la possibilité d’émerger. On doit toujours aller dans le sens de la vie. Ensuite, on voudrait publier les résultats pour que chacun puisse reproduire ces méthodes et apporter ses propres connaissances, sur le modèle des communautés d’open source. C’est ainsi qu’on approche la complexité du vivant, en croisant les informations, les regards, les sensibilités. Cela donne du sens à notre existence et au métier d’agriculteur : on agit avec la vie, au lieu d’être un technicien qui applique un protocole technique et commercial ».

A retrouver dans le Pays du Limousin du 15 octobre…